Malgré le rôle qu’elle joue dans la stabilisation financière du Sénégal, la Société nationale de recouvrement (SNR) peu connu mais stratégique.Pour y remédier, son directeur général, Maître Babacar Ndiaye, a organisé, ce jeudi, une journée de partage et de sensibilisation avec le Collectif des journalistes économiques du Sénégal (COJES).
Cette rencontre, qui a réuni 50 participants, a permis de présenter la SNR, d'expliquer sa contribution active au développement économique du Sénégal et d’informer sur les mutations en cours de la SNR et son arrimage à l’Agenda 2050.
Ces échanges permettront aux journalistes de mieux comprendre l’historique, les missions et les perspectives de la SNR, d’acquérir une vision claire du rôle stratégique de la SNR dans la gestion des créances bancaires, de lever les préjugés pour une meilleure information du public, de comprendre les évolutions juridiques qui encadrent l’activité de la SNR, entre autres.
«La SNR est une institution peu connu, mais stratégique. Elle a été créée par la loi n°91-21 du 16 février 1991, à un moment crucial de l’histoire économique du Sénégal. Son mandat initial était de venir au droit et aux obligations des six ex-banques nationales liquidées, à savoir la BNDS, l’USB, Assurbank, la BSK, la Sonaga et la Sonabank ainsi que de la société financière Sofisedit», a dit Me Ndiaye.
Depuis lors, la SNR agit comme un syndic public, en assurant la gestion, le suivi et le recouvrement des créances issues des dossiers les plus complexes et les plus sensibles de notre système financier.
Maitre Babacar Ndiaye a ensuite rappelé que la SNR a été mise en place dans des conditions exceptionnelles. «À sa création, il n’y a pas eu de bilan d’ouverture ni de libération du capital initial de 25 millions F CFA. Elle s’est donc constituée à partir d’une compilation des dernières situations financières transmises par les banques à la BCEAO, notamment à travers le document économique et comptable (DEC 612)», a-t-il confié.
Selon lui, cette situation de départ particulière explique certains déséquilibres comptables observés, comme le report à nouveau débiteur de plus de 90 milliards F CFA en 1992, qui constitue un héritage historique et non un reflet de la performance intrinsèque de l’institution. En fin de 2024, a-t-il souligné, ce report s’élève à 86,7 milliards. Ce qui, selon lui, atteste des efforts constants pour réduire progressivement ce passif.
Poursuivant, M. Ndiaye a fait savoir que les montants recouvrés par la SNR sont directement reversés au Trésor public, contribuant ainsi à l’amélioration des recettes de l’État.
La SNR, par son action, rétablit la confiance dans le système bancaire, protège les intérêts des créanciers publics et participe activement à la stabilisation financière du pays. C’est pourquoi sa mission s’inscrit désormais dans une vision stratégique plus large, en phase avec l’Agenda de transformation systémique 2025-2050.
Dans sa gestion, le DG aspire à faire de la SNR un acteur de référence, non seulement dans le recouvrement, mais également dans la valorisation des actifs et la gestion intelligente du passif public, à travers des mécanismes innovants, juridiquement solides et économiquement efficaces.
Il a ainsi invité les journalistes en économie à être des relais éclairés auprès de l’opinion publique, pour que les Sénégalais comprennent enfin ce qu’est réellement la SNR, ce qu’elle fait, ce qu’elle représente et ce qu’elle peut encore apporter à notre pays.
Président du Collectif des journalistes économiques (COJES), Dialogue Faye a constaté que peu de journalistes sont spécialisés en finance publique ou en gestion de dette. Pour lui, la tenue de cette journée de partage et de sensibilisation sur la SNR témoigne d’une volonté claire d’ouvrir les portes d’une institution stratégique à celles et ceux dont le métier est d’informer, d’analyser et de transmettre au public une lecture claire et responsable des enjeux économiques de notre pays.
«Notre rôle, en tant que journalistes économiques, est précisément de rendre compréhensible l’essentiel sans en trahir la substance, de poser les bonnes questions, et de donner à nos concitoyens les clés pour comprendre comment fonctionne l’économie réelle. Cette formation nous permettra de mieux saisir les enjeux juridiques, financiers et institutionnels autour du recouvrement des créances, de comprendre le rôle spécifique de la SNR dans la stratégie globale de l’État et surtout de renforcer notre capacité à produire une information économique rigoureuse, indépendante et pédagogique», s’est réjoui le président du COJES.
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