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RACOLAGE, DÉFAUT DE CARNET SANITAIRE : Provocatrices dans le métier mais saintes à la barre

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RACOLAGE, DÉFAUT DE CARNET SANITAIRE : Provocatrices dans le métier mais saintes à la barre

Ndèye Fatou Dia, 37 ans, et Marième Mbaye, 40 ans, mère respectivement de trois et quatre enfants  sont gâtées par la nature du fait de leur beauté et de leurs  rondeurs affriolantes. Pourtant, ces deux divorcées n’ont pas une vie rose, car elles se prostituent pour nourrir leurs rejetons. La première fête ses 5 ans dans le métier et la seconde qui a quitté son Thiès natale pour Dakar célèbre sa quatrième année d’exercice.


Le procès de Ndèye Fatou Dia et Marième Mbaye poursuivis pour défaut de carnet sanitaire et racolage a été  marqué de larmes, de remontrances, d’échanges, de sermons comiques et taquins et de confidences.


Intrigués par les pleurs des  deux prévenues, le juge, une de ses assesseurs et le procureur, sourire aux lèvres, les invitent dans un terrain d’échanges.


L’assesseur : Pourquoi pleurez-vous ?


Les belles de nuit : A cause de nos enfants que nous avons laissés à la maison.


L’assesseur: Quand vous partez au travail, vous les laissez à la maison, n’est-ce pas ?


Les belles de nuit: Oui.


L’assesseur: Vous avez choisi  de faire ce travail, alors assumez les conséquences.


S’y ajoutent les remontrances du procureur et du juge du siège. Le premier irrité par les foulards des deux dames lâche ces mots. «Quand vous comparaissez à la barre, vous portez des tenues traditionnelles descentes et des voiles qui cachent vos visages. On n’a même du mal à vous identifier, vous ressemblez à des saintes, alors que  tous les jours vous portez des tenues qui choquent. Respectez vos consultations et arrêtez de quémander des cachets pour tromper les policiers».


Le second les sermonne dans un ton comique : «Ce métier que vous avez choisi d’exercer n’est pas interdit, mais il est réglementé. Conformez-vous aux règles, comme ça, vous vous épargnerez cette situation et vous nous en épargnerez. Vous avez compris.»


Arrive ensuite le moment d’en venir aux faits, objet de leur arrestation.


Le 5 novembre dernier, Ndèye Fatou Dia et Marième Mbaye ont été arrêtés devant un bar installé au quartier de Ngor-Almadies pour racolage et défaut de carnet sanitaire.


Hier, devant le tribunal régional des flagrants délits de Dakar, Ndèye Fatou déclare que la nuit des faits un client habituel l’a contacté par téléphone pour solliciter ses services. Montée dans la voiture de ce dernier garée devant le bar pour aller chez l’homme en question, elle constate en cours de route qu’elle avait oublié son carnet sanitaire. Sur ce, elle rebrousse chemin. À quelques encablures de l’endroit où elle et ses collègues guettent leurs clients (le bar), un monsieur assis dans un véhicule l’invite à le rejoindre. Chose faite, l’homme lui propose de l’argent en échange d’une partie de jambes en l’air.  Le marchandage terminé, elle l’invite à la suivre à l’intérieur du bar, mais le client brandit une carte professionnelle qui atteste qu’il est un commandant de police. Et voilà, elle est arrêtée pour racolage et défaut de carnet sanitaire.


À cet instant du récit, le juge l’interrompt et lui pose des questions.


«Vous aviez porté des habits extravagants ? Vous rouliez les yeux pour le séduire, le draguer et lui vendre vos charmes ?» Et Ndèye Fatou de se défendre : «Je portais des habits sexy, mais c’est lui qui s’est intéressé à moi.»


Sa co-prévenue Marième pleurant comme une gamine argue avoir été arrêtée devant le même bar que sa  collègue. «Il y a une dibiterie à côté du bar, j’étais assise là-bas, le commandant m’a trouvée sur place et m’a demandée mon carnet de santé. Je le détenais, mais la date était expirée. Je jure que j’avais prévu de me rendre au centre de santé de Sébikotane, de Rufisque, de Mbao ou de Thiès pour le renouveler». Elle ajoute qu’elle ne fait pas de racolage parce qu’elle a des enfants. «Je m’interdis de m’habiller sexy, je cherche des clients dans les bars et non dans la rue».


Le représentant du ministère public a requis l’application de la loi.


La défense a plaidé la relaxe pure et simple. Selon Me Atou Guèye, Marième et Ndèye Fatou ne sont nullement coupables des actes dont elles répondent devant le tribunal.


Il soutient qu’elles sont obligées d’être dans la rue parce qu’elles ne peuvent pas rester chez elles pour appeler une clientèle anonyme. Mieux, l’avocat pense que le défaut de carnet sanitaire est un délit démodé. Il argumente en soutenant que depuis que la capote anglaise a été fabriquée, il n’y a plus de risques de propagation de maladies.


Le tribunal a relaxé les prévenues pour défaut de carnet sanitaire et les a  condamnées à un mois assorti de sursis et 10 mille francs d’amende ferme pour racolage.



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