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Sunday 31 August, 2025
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Chine : la ferme aquacole de Tianyuan, un modèle d’innovation rurale au nord-est de Pékin

Auteur: Ousmane Dicko, envoyé spécial

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À une centaine de kilomètres au nord-est de Pékin, nichée dans les montagnes verdoyantes abritant la Grande Muraille, la ferme du port de pêche de Tianyuan est un lieu discret mais fascinant. Bien plus qu’une simple exploitation piscicole, ce site incarne une vision durable de l’agriculture intégrée, mêlant traditions rurales, haute technologie et préservation de l’environnement.Un écosystème au cœur des montagnesEntourée d’une végétation luxuriante et alimentée par les eaux claires de la rivière Hua Jo, l’une des « mères nourricières » de Pékin, la ferme s’étend sur 50 mu (environ 33 000 m²), dont 15 mu (10 000 m²) sont dédiés à l’élevage piscicole. Accueillant 20 000 visiteurs par an, elle est devenue un site prisé de tourisme rural, apprécié pour ses paysages bucoliques et sa truite dorée grillée, servie au restaurant sur place.Sous la direction de Zhang Xiaoyu, qui gère l’entreprise familiale fondée par son père, la ferme pratique un élevage méticuleux et respectueux. Deux types de truites y sont élevés : la truite dorée et la truite noire, pesant entre 1 et 1,5 kg. Les bassins, d’une profondeur de 1 à 2 mètres, sont soigneusement entretenus, avec une alimentation importée du Danemark, composée de poudre et d’huile de poisson, distribuée à raison de 5 grammes par jour par poisson. « Certains veulent que les poissons grandissent vite, mais cela nuit à leur santé. Chez nous, on refuse cette approche, car elle implique souvent des traitements médicamenteux et entraîne une résistance aux maladies », explique Zhang Xiaoyu.Les poissons destinés à la reproduction ne sont pas vendus, mais alimentent un cycle de production continue, organisé selon la taille. Les revenus issus de la vente des alevins s’élèvent à 4 à 5 millions de yuans par an, tandis que la restauration rapporte entre 2 et 3 millions supplémentaires.Un élevage de caviar, rare et précieuxLa ferme élève également une espèce emblématique d’esturgeons, producteurs de caviar. Dotée d’un système d’oxygénation de l’eau, cette activité approvisionne les marchés étrangers, notamment le Vietnam. L’esturgeon, une espèce ancienne et robuste sans arêtes, peut atteindre 4 mètres de long et 150 kg. Le déclassement de cette espèce, jadis protégée, a permis de relancer sa reproduction. Certains spécimens vivent jusqu’à 60 ans. « C’est une variété exceptionnelle. Elle résiste bien aux maladies et se vend dès qu’elle atteint 1,5 kg. La blanche, plus rare, est bien plus chère », confie Zhang. Chaque année, 30 millions d’alevins sont vendus, faisant de la Chine le leader mondial de l’élevage industriel d’esturgeons.Agriculture circulaire et modèle écologiqueL’innovation ne se limite pas à l’élevage. La ferme pratique une agriculture maraîchère intégrée, utilisant les déjections des poissons comme engrais naturel pour cultiver haricots, choux, aubergines et courgettes sur des terres fertiles. Un système d’irrigation unique, combinant eaux de rivière, sources naturelles et altitude montagneuse, soutient cette approche circulaire. Ce système, appuyé par des investissements privés de 2 millions de yuans pour le recyclage de l’eau, répond aux normes nationales de qualité d’eau potable (niveau 2) et fait l’objet de tests sanitaires réguliers.Une initiative locale, sans subventions publiquesL’histoire de Tianyuan est celle d’une résilience économique. Sans financement public, la famille Zhang a vendu des appartements en ville pour lancer la ferme. Aujourd’hui, l’exploitation reste 100 % privée, tout en collaborant avec des institutions de recherche, notamment pour ses truites issues de croisements sino-nord-coréens, fruits d’études conjointes avec les États-Unis. « C’est un site pilote. Nous avons mis en place un modèle durable, reproductible ailleurs, mais encore unique à Pékin », conclut Zhang Xiaoyu avec fierté.Ce site exemplaire montre que, même dans un pays en pleine urbanisation, les campagnes peuvent innover, exporter et inspirer, tout en préservant l’eau, en produisant sainement et en bâtissant un avenir durable.
Auteur: Ousmane Dicko, envoyé spécial

Commentaires (1)

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    KOUROUSSOU hergi il y a 1 mois

    J'apprécie tous les efforts que la population chinoise fournie pour son bien-être

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