Les ONG environnementales ClientEarth et Oceana ont intenté une action en justice contre le gouvernement espagnol, accusé de ne pas avoir enquêté ni sanctionné des navires espagnols désactivant leur système d’identification automatique (AIS) pendant de longues périodes, en violation des lois européennes. L’affaire, déposée le 24 avril 2025 devant le tribunal administratif de Madrid, concerne également l’absence de contrôle des opérations de pêche des entreprises espagnoles en Afrique de l’Ouest, notamment au Sénégal et en Guinée-Bissau.
Une menace pour les communautés locales
Dans un contexte où 73 % de la flotte industrielle en Afrique de l’Ouest est étrangère, dont une part significative de navires espagnols, la diminution des stocks de poissons locaux met en péril la sécurité alimentaire, les emplois et pousse à la migration forcée. Une analyse de Global Fishing Watch révèle que plusieurs navires espagnols ont désactivé leur AIS, parfois pendant plus d’un an entre 2020 et 2023, rendant leurs activités opaques et potentiellement illégales. « Ce manque de transparence pourrait être lié à la fraude », a déclaré Nils Courcy, juriste à ClientEarth, appelant à des enquêtes approfondies.
Des obligations européennes bafouées
Ignacio Fresco Vanzini, conseiller d’Oceana en Europe, a rappelé que « la législation européenne interdit explicitement à ses citoyens et entreprises de se livrer à la pêche illégale ou de la soutenir, où que ce soit dans le monde ». L’Espagne, en refusant d’agir, exploite des lacunes juridiques dans sa transposition des lois européennes, permettant à ses opérateurs d’échapper à toute surveillance. L’UE avait déjà émis un « carton jaune » au Sénégal en mai 2024 pour son incapacité à juguler la pêche illégale, mais les ONG insistent sur la responsabilité des États membres à contrôler leurs flottes.
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