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France : trois personnes condamnées pour traite d'êtres humains, des Sénégalais parmi les victimes

Auteur: AFP

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Trois personnes ont été condamnées lundi en France à de la prison ferme pour traite d'êtres humains après avoir exploité et hébergé dans des conditions indignes lors de vendanges dans le prestigieux vignoble de Champagne une cinquantaine de travailleurs, souvent des migrants sans-papiers venus d'Afrique.Principale prévenue, la dirigeante d'une société de prestations viticoles, originaire du Kirghizistan, a été condamnée par le tribunal de Châlons-en-Champagne (nord-est) à quatre ans de prison dont deux ferme avec mandat de dépôt.Également poursuivie pour travail dissimulé, emploi d'étrangers sans autorisation et avec une "rétribution inexistante ou insuffisante", elle avait nié lors du procès, le 19 juin, être à l'origine des conditions d'hébergement des vendangeurs et renvoyé la balle aux deux autres prévenus.Ces derniers, des trentenaires jugés pour avoir recruté les vendangeurs en région parisienne, ont été condamnés à un an de prison ferme et respectivement deux ans et un an de sursis.Les prévenus devront également verser 4.000 euros à chaque victime.- "Esclaves" -"Cette décision est satisfaisante pour nous. Les gens travaillaient vraiment dans de très mauvaises conditions, cette décision est juste", a réagi l'une des victimes, Amadou Diallo, originaire du Sénégal, 39 ans."C'est une décision exemplaire", a renchéri l'avocat des victimes, Maxime Cessieux. "C'est assez historique dans le cadre de dossiers de traite dans le monde du travail", a-t-il estimé.Des mois d'enquête avaient mis au jour des conditions d'hébergement et de travail sordides pour les migrants employés et permis d'identifier 57 victimes - en majorité des étrangers en situation irrégulière originaires du Mali, de Mauritanie, de Côte d'Ivoire ou encore du Sénégal.Les vendangeurs, logés dans une maison en travaux et un hangar, dormaient sur des matelas gonflables à même le sol, avec des douches de fortune, des toilettes inutilisables et de nombreuses anomalies électriques."Ils nous mettent dans un bâtiment abandonné, pas de nourriture, pas d'eau, rien du tout. Et puis on nous amène (...) pour faire des vendanges de 5H00 du matin jusqu'à 6H00 du soir", avait témoigné auprès de l'AFP Modibo Sidibe, l'un des vendangeurs, lors du procès. Une autre victime, Camara Sikou, avait répondu au tribunal qui lui demandait comment ils étaient traités : "comme des esclaves".La justice a par ailleurs exigé la dissolution de la société de prestations viticoles de la principale prévenue et condamné une coopérative vinicole, également poursuivie, à une amende de 75.000 euros.- "Vendanges de la honte" -Les vendanges de septembre 2025 "vont être scrutées à la loupe et personne ne pourra se cacher derrière son petit doigt en disant +je ne savais pas, je ne comprenais pas, je ne savais pas qui étaient ces gens qui étaient dans mes vignes", a prévenu Me Cessieux.Pour la première fois dans un procès sur la question des vendangeurs, le Comité Champagne, qui représente 16.200 vignerons, 130 coopératives et 370 maisons de Champagne, était partie civile."Nous nous devions de nous tenir aux côtés des victimes. On ne joue pas avec la santé et la sécurité des saisonniers. On ne joue pas non plus avec l’image de notre appellation", a réagi le Comité après le jugement. "Nous nous porterons systématiquement partie civile si d'autres affaires donnent lieu à des poursuites judiciaires", a-t-il ajouté.Quatre personnes travaillant à la récolte du raisin sont décédées lors de ces mêmes vendanges 2023 dans la région, lors d'un mois de septembre particulièrement chaud. Ce qui leur ont valu le surnom des "vendanges de la honte".Une entreprise prestataire et son gérant seront jugés le 26 novembre à Châlons-en-Champagne soupçonnés d'avoir hébergé dans des conditions indignes au moins une quarantaine d'Ukrainiens lors de ces mêmes vendanges.
Auteur: AFP

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