« Il m’a étranglée dans le noir » : Elle refuse la coépouse, son mari la roue de coups et finit devant le juge !
Le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye a jugé ce lundi une affaire de violences conjugales, mettant en cause A. S. Sow, comptable domicilié à Keur Massar. Il était poursuivi pour coups et blessures volontaires avec une incapacité temporaire de travail (ITT) de 6 jours et menaces de mort sur son épouse, N. Cissé. À la barre, le prévenu a contesté les faits qui lui sont reprochés. Son épouse a maintenu ses accusations avec fermeté.
Devant le tribunal, N. Cissé a relaté que son mari revenait d’un voyage le jour des faits. Après lui avoir ouvert la porte, elle s’était couchée avant de constater que l’électricité avait été coupée dans sa chambre. « Je suis allée lui demander pourquoi il avait coupé le disjoncteur. Il m’a étranglée et frappée au visage », a-t-elle déclaré. Le certificat médical versé au dossier fait état d’une tuméfaction de la face gauche et d'une blessure à l’épaule.
Il évoque des tensions liées à sa seconde épouse
A. S. Sow a soutenu que ses déclarations consignées dans le procès-verbal avaient été faites sous contrainte. Revenant sur la situation de son ménage, il a expliqué que les différends conjugaux ont commencé après avoir annoncé à son épouse son intention de prendre une seconde femme. Selon lui, cette révélation a profondément détérioré leur ménage. Il affirme que son épouse lui menait la vie dure depuis lors et qu’elle avait même tenté de sauter du véhicule qu’il conduisait.
Le prévenu a reconnu l’existence d’une altercation le jour des faits. Mais il a nié avoir étranglé son épouse. « Elle avait changé la serrure et refusait d’ouvrir. Le courant était coupé. Elle rallumait le climatiseur pour m’ennuyer. Nous nous sommes disputés et je l’ai repoussée », a-t-il expliqué, tout en nuançant les faits d’étranglement.
Le juge lui a toutefois rappelé qu’à l’enquête préliminaire, il avait reconnu avoir légèrement étranglé son épouse.
N. Cissé a confirmé avoir été étranglée par son époux après avoir reçu un coup à la mâchoire. Elle a également évoqué un précédent épisode de violences survenu dix jours avant la dernière scène.
Selon ses avocats, il ne s’agissait pas d’un acte isolé mais d’un énième coup subi dans les liens du mariage. L’un des conseils de la partie civile a indiqué qu’un certificat médical établi en avril faisait déjà état de violences. « Son amour maternel et son désir de protéger ses enfants l’ont maintenue jusque-là dans les liens du mariage », a plaidé l’avocat, estimant que les dispositions de l’article 294 alinéa 2 du Code pénal devaient être retenues contre l’époux. Me Malick Mbengue, qui qualifie le prévenu de mari violent, a réclamé la somme de 500 000 FCFA à titre de dommages et intérêts.
Le procureur de la République a requis l’application de la loi pénale.
La défense plaide la jalousie
Les avocats du prévenu ont soutenu qu’il ne s’agissait pas d’un homme violent. Me Souleymane Soumaré s’est interrogé sur la finalité du procès, estimant que le dossier ressemblait davantage à une affaire de jalousie qu’à une affaire pénale. « Le sieur Sow est correct et n’a jamais cherché à faire mal à son épouse », a plaidé la défense, sollicitant une application extrêmement bienveillante de la loi pénale.
Me El Hadji Diène a aussi évoqué un climat de jalousie lié au second mariage du prévenu. « Dès le début, on a compris que Madame ne digère pas que son mari prenne une seconde épouse », a-t-il déclaré, ajoutant que la plaignante avait initialement envisagé de retirer sa plainte avant de se raviser.
Dans son délibéré, le tribunal a relaxé A. S. Sow du chef de menaces de mort. Le juge a cependant requalifié les faits de coups et blessures volontaires à conjoint en coups et blessures volontaires simples avant de le déclarer coupable. Le prévenu a été condamné à 3 mois d’emprisonnement avec sursis. Il devra également verser 300 000 FCFA de dommages et intérêts à son épouse.
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