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Plan JUBBANTI KOOM : Mamoudou Ibra Kane décerne les bons et les mauvais points

Auteur: Ndeye Astou Konaté

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Le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté, ce vendredi 1er août 2025, le Plan de redressement économique et social baptisé JUBBANTI KOOM. Une feuille de route ambitieuse, censée redresser l’économie sénégalaise à travers une série de réformes budgétaires, structurelles et sociales.Le président du mouvement Demain c'est maintenant, Mamoudou Ibra Kane, a réagi à cette annonce dans une analyse posée, rigoureuse et sans excès. Voici les principaux extraits de son propos.«?Je m’abstiens de toute réaction épidermique sur le Plan de redressement économique et social JUBBANTI KOOM présenté par le PM Ousmane Sonko, ce 1er août 2025. Le sujet est trop sérieux pour verser dans l’émotion. Je porte donc un jugement objectif sur ledit plan?».Mamoudou Ibra Kane salue, en premier lieu, le ton modéré et apaisé adopté par le Premier ministre, en rupture avec son style habituel : «?Sur la forme, le PM a eu un ton globalement posé et constructif, pour ne pas dire co-constructif, en s’abstenant de la polémique comme il en avait l’habitude dans ses sorties antérieures.?»Il note aussi la clarté de l’articulation entre le Plan de redressement et la Vision 2050 du pays : «?Il a su expliquer l’articulation du Plan de redressement avec la Vision 2050, tout en se pliant, dans son propos, à l’autorité du président de la République qui définit la politique de la nation. 'Ce plan n’est pas tombé du ciel', nous a-t-il assuré.?»«?Quant au fond, de bonnes décisions ont été annoncées?», écrit Mamoudou Ibra Kane, qui énumère les points les plus positifs du plan : «?Approche endogène dans la mobilisation des ressources pour financer le plan (plus de 5 000 milliards) avec un objectif de ramener le déficit budgétaire à 3 % (norme UEMOA) en 2027?» ; «?pari sur le secteur privé, les collectivités territoriales et les citoyens comme leviers de redressement et de développement?» ; «?paiement total de la dette due au secteur privé?» ; «?promotion des champions et potentiels champions économiques nationaux?» : «?promotion d’un secteur bancaire national fort?» ; «?réduction du train de vie de l’État de 100 milliards, entre 2025 et 2028, soit 25 milliards par an (si et seulement si l’année 2025 est comptabilisée)?» ; «?rationalisation des subventions (en espérant qu’elles ne vont pas renchérir le coût de la vie déjà très étouffant pour les ménages)" ;?«?investissements prioritaires dans le capital humain et moins dans les infrastructures. Mais ne pas oublier que les infrastructures font tourner l’économie?» ; «?développement de l’économie numérique?» ; «?augmentation de l’âge des véhicules à l’importation (8 ans actuellement) à 15 ans, clin d’œil à la diaspora?».Malgré ces annonces, l’homme politique reste prudent sur certains choix stratégiques : «?J’émets cependant quelques réserves.?»Parmi les points de divergence, il mentionne : «?À la place d’un plan de redressement, il était plus judicieux de mettre en place un plan de relance.?» «?Le temps mis pour élaborer le plan, 16 mois après, est assez long. Certaines décisions de l’actuel régime ne doivent-elles pas être redressées ? Affaires ASER et ONAS par exemple». «?La politique de l’emploi ne me paraît pas assez clairement déclinée. Idem pour l’agriculture et l’industrie?». «?Un trop-plein de taxes (trop d’impôt tue l’impôt)?».Mais c’est sur la communication gouvernementale autour des finances publiques que Mamoudou Ibra Kane se montre le plus critique : «?Le PM et son ministre de l’Économie nous révèlent (imprudemment) que les informations communiquées par le gouvernement sur les finances publiques ont eu les conséquences suivantes : renchérissement du financement extérieur (dette), dégradation de la signature du Sénégal, suspension du programme avec le FMI. Est-ce une démarche de transparence ou plutôt irresponsable ? Le débat est ouvert. Transparence pour transparence, il faut publier le rapport du cabinet Mazars et attendre le rendez-vous avec le FMI prévu en septembre.?»Il  revient également sur une déclaration sensible du Premier ministre : «?À propos du FMI et des partenaires financiers, le Premier ministre a versé dans l’émotion en déclarant, je le cite : 'On n’attend rien du FMI.' Dans ce cas, il faut alors renoncer définitivement à tout programme avec lui. Il faut savoir que le Sénégal ne définit pas les conditions du programme avec le FMI et, au-delà, celles relatives au financement extérieur du développement.?»Autre sujet jugé délicat : la base militaire de Rufisque. «?Le PM a manqué de discrétion sur le sujet, puisqu’il n’est pas tranché du fait du 'veto fort' de l’armée et de l’arbitrage requis du PR. Sujet sécuritaire, confidentiel et sensible?».Pour conclure, Mamoudou Ibra Kane revient sur deux déclarations du président de la République : «?Je relève la déclaration du PR selon laquelle l’État a continué à payer le loyer de l’immeuble du défunt HCCT, alors qu’il était déjà propriétaire du bien depuis 2014. Questions : qui en est le bénéficiaire ? A-t-il remboursé ? Et combien ??»Il mentionne également un autre point qui mérite clarification :«?Le PR a aussi cité son prédécesseur sur un contrat naval. Les deux régimes, présent et précédent, sont interpellés sur les tenants et aboutissants. Les Sénégalais doivent savoir.?»
Auteur: Ndeye Astou Konaté

Commentaires (9)

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    Jubanti il y a 4 semaines

    Analyse rigoureuse du Plan JUBBANTI KOOM : Une stratégie audacieuse pour un redressement économique souverain
    Un cap clair, une approche méthodique, un pari sur l’avenir
    Le 1er août 2025, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a présenté le Plan JUBBANTI KOOM, un ambitieux programme de redressement économique et social. Dans un contexte de tensions financières, d’exigences sociales pressantes et d’aspirations à une souveraineté renforcée, ce plan se positionne comme une rupture stratégique, alliant pragmatisme budgétaire et vision à long terme.

    1. Réduction de la dette : Une mobilisation inédite des ressources internes
    Face à un endettement public alarmant, atteignant 119 % du PIB, le gouvernement mise sur une approche novatrice, évitant le recours systématique à de nouveaux emprunts internationaux ou à des eurobonds. Le plan s’appuie sur :
    • L’optimisation fiscale : Taxation ciblée de secteurs à fort potentiel mais sous-exploités, tels que le mobile money, les plateformes numériques, le tabac, le ciment, le foncier et la presse en ligne.
    • La rationalisation des dépenses : Réorganisation administrative pour réduire les coûts de fonctionnement de l’État.
    • La priorisation des investissements : Abandon des projets d’infrastructure coûteux et non essentiels (PAP 1 et PAP 2) au profit de secteurs stratégiques comme la santé, l’éducation et les services publics de base.
    Objectif : Réduire progressivement le fardeau de la dette tout en préservant les populations des rigueurs d’une austérité aveugle.

    2. Dialogue avec le FMI : Coopération sans soumission
    Le Sénégal affirme sa volonté de redéfinir ses relations avec les institutions financières internationales, notamment le Fonds monétaire international (FMI). Le gouvernement privilégie une posture proactive :
    • Partenariat équilibré : Maintien d’un dialogue constructif avec le FMI, mais en proposant ses propres solutions, élaborées en fonction des priorités nationales.
    • Refus des injonctions : Rejet d’une soumission automatique aux recommandations souvent standardisées des bailleurs.
    Stratégie : Démontrer la capacité du Sénégal à honorer ses engagements tout en traçant une voie autonome pour son développement.

    3. Équité fiscale et protection sociale : Un équilibre ambitieux
    Le Plan JUBBANTI KOOM se distingue par sa volonté de concilier justice fiscale et préservation du pouvoir d’achat des ménages. Les mesures phares incluent :
    • Exemption des produits de première nécessité : Riz, pain et énergie restent intouchés pour protéger les populations vulnérables.
    • Taxation ciblée : Mobilisation de ressources via des secteurs à forte rentabilité mais faiblement fiscalisés.
    Ce double objectif – générer des recettes tout en sauvegardant les plus modestes – a été salué par plusieurs experts pour son caractère à la fois équitable et réaliste.

    4. Investir dans l’humain : Une rupture avec les priorités classiques
    À rebours des stratégies centrées sur les grands projets d’infrastructure, JUBBANTI KOOM privilégie les investissements dans les secteurs sociaux et structurels :
    • Santé publique : Renforcement des infrastructures et des services pour améliorer l’accès aux soins.
    • Éducation : Modernisation et démocratisation de l’accès à l’enseignement.
    • Équité territoriale : Développement des régions marginalisées pour réduire les disparités.
    • Financement localisé : Soutien aux initiatives communautaires et aux collectivités locales.
    Cette approche, résolument sociale sans verser dans le populisme, repose sur des choix budgétaires rigoureux et transparents.

    5. Un message fort à la scène internationale
    En finançant plus de 80 % du plan par des ressources internes, le Sénégal adresse un signal clair à plusieurs audiences :
    • Aux bailleurs internationaux : Une gestion budgétaire crédible et responsable, renforçant la confiance.
    • À la population sénégalaise : Un engagement à ne pas faire peser sur les citoyens le coût des erreurs passées.
    • Aux partenaires africains : Une alternative viable aux modèles de développement dépendants des financements extérieurs.
    Ce positionnement stratégique pourrait inspirer d’autres nations africaines confrontées à des défis similaires.

    Conclusion : Un plan à la hauteur des enjeux, mais sous haute surveillance
    Le Plan JUBBANTI KOOM transcende le cadre d’un simple programme économique : il incarne une vision de relèvement national, fondée sur la souveraineté, l’innovation fiscale, la discipline budgétaire et la justice sociale. Comme le souligne l’économiste Meïssa Babou, ce plan constitue un modèle pertinent pour les pays africains lourdement endettés, illustrant qu’une gouvernance proactive et méthodique peut ouvrir des perspectives nouvelles.
    Recommandation : La réussite de JUBBANTI KOOM dépendra de sa mise en œuvre rigoureuse, de son enrichissement continu et d’une évaluation transparente. Les acteurs publics, la société civile et les partenaires internationaux devront suivre de près son exécution pour en garantir l’efficacité et l’impact.

    Ce plan marque une étape décisive pour le Sénégal. Reste à transformer cette ambition en résultats concrets.

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    il y a 4 semaines

    Amoulo kham kham!!!
    Wakh rek pour wakh!!!

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    Almamy il y a 4 semaines

    Pourquoi éxouter ce minable trafiquant de personalité ethniciste.. Ton boulot a bien aidé Macky , merci

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    il y a 4 semaines

    Senegal Al pular yi nioo ko yakh comme M Sall comme A Ba comme M I Kane.

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    il y a 4 semaines

    LE SEUL MAUVAIS POINT EST LA GESTION CALAMITEUSE DU PAYS PAR MACKY SALL QUI SE FICHAIT PAS MAL DE VOULOIR PLONGER LE PAYS DANS UN GOUFFRE.
    CEUX QUI L'ONT SOUTENU DOIVENT AVOIR LA DÉCENCE DE SE TAIRE.

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    il y a 4 semaines

    Sokhar rek.

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    Blankagiga il y a 4 semaines

    Cher Mamoudou Ibra Kane,
    Je prends note de votre analyse du Plan JUBBANTI KOOM. Je me permets de souligner que, pour une fois, votre commentaire n'est pas teinté d'une critique négative. Votre approche est objective et constructive.
    Vous avez su mettre en lumière les points forts du plan, notamment :
    * Le ton posé et constructif du Premier ministre.
    * L'approche endogène de financement du plan.
    * Le fait que le plan mise sur le secteur privé.
    * La réduction du train de vie de l'État.
    Votre capacité à saluer ces initiatives positives, tout en émettant des réserves légitimes, est un signe d'ouverture et de maturité politique. Cela contribue au débat public de manière saine et apaisée.
    Sénégal sunu reew

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    KOTHIE il y a 4 semaines

    YAW DÉMALE TOOKK- C'EST TROP COMPLIQUÉ POUR TOI

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    il y a 4 semaines

    Heureusement pour la première fois tu essais de raisonner. Que Dieu soit loué
    Nous ne sommes dans un cours de journalisme: forme, ton, habillement, communication....
    OUF!!!

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    reply_author il y a 4 semaines

    L'apprenti économiste de Amadou ba. Heureusement ce dernier est plus docte. On attend l'autre bande d'opposants hurleurs

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