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Bouteflika : Le cinquième mandat qui ne passe vraiment pas en Algérie

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Bouteflika : Le cinquième mandat qui ne passe vraiment pas en Algérie

Le 18 avril, les Algériens iront aux urnes pour élire leur Président. Le sortant, Abdelaziz Bouteflika, âgé de 81 ans et cloué sur un fauteuil roulant par un accident vasculaire cérébral, en 2013, n’est plus apparu en public depuis le 1er novembre. Son entourage le présente tout de même à la présidentielle du 18 avril. Pour un cinquième mandat. Ce qui ulcère la rue algérienne…

En Algérie, le fantôme de Bouteflika est candidat à sa succession. Bien malgré lui, comme l’expliquait Arezki Aït-Larbi, le correspondant d’Ouest-France en Algérie dans un article du 18 février.

Le point sur cette élection jouée d’avance. À moins que le candidat sortant et favori ne décède avant le 18 avril, date du scrutin.

Un candidat-légume

Comme l’écrivait Areski Aït-Larbi, « ses partisans l’ont supplié de poursuivre sa mission pour la continuité et la stabilité du pays. Alors, forcément, il a répondu par une lettre à la nation dans laquelle il accepte de briguer un cinquième mandat ».

Mais le président, en poste depuis 1999, est en soins palliatifs dans sa résidence médicalisée de Zéralda, sur la côte ouest d’Alger. Plusieurs fois donné pour mort, il serait « à bout de souffle » et « en permanence sous perfusion » selon Ali Benouari, ancien ministre du Trésor.


Bouteflika s’est rendu en Suisse, dimanche dernier, pour y effectuer ses « contrôles médicaux périodiques », selon la Présidence qui a, chose rare, annoncé ce déplacement. Ce voyage a constitué sa seconde escapade palliative en dix jours, à Genève.

La rumeur veut aussi que Saïd (61 ans), le frère du Président, soit malade et hospitalisé en France. Son absence a été récemment remarquée lors de plusieurs sorties publiques du gouvernement et des chefs politiques du FLN.

Un retrait possible ?

Une nouvelle dégradation de la santé du Président pourrait le contraindre à se retirer de la course.

C’est une hypothèse qui ne satisfait pas certains cercles du pouvoir algérien dont le scénario idéal serait le suivant : faire élire Bouteflika et réviser la Constitution pour instaurer un poste de vice-président ; puis, après le décès du chef de l’État, le vice-président poursuivrait son mandat sans passer par les urnes.

Le général Gaïd Salah (83 ans), tout-puissant chef d’état-major de l’armée, est à la manœuvre. Mais d’autres chefs militaires, comme Ali Ghediri, refusent de cautionner une issue aussi « grotesque ».

Si le scénario devait intégrer un épisode « décès », c’est Ramtane Lamamra (66 ans), le conseiller diplomatique récemment nommé, qui pourrait être propulsé comme successeur. L’agence Reuters estime que la désignation probable de ce diplomate à la place de Bouteflika serait susceptible d’apaiser les esprits, tout en garantissant la cohésion du système politique.

Pression populaire

Une partie du pays gronde contre un éventuel cinquième mandat. « Pouvoir, Assassin », « Il y en a marre, il y en a marre, il y en a marre de ce pouvoir » ou encore « Ni Bouteflika ni Saïd » chantaient les manifestants réunis dimanche à Alger, lors de la troisième manifestation de rejet de la candidature de Bouteflika.

« Le fait que les Algériens soient mécontents de la situation, on le savait, et des manifestations en Algérie, depuis le printemps arabe, il y en a tous les jours, dans tout le pays », explique Pierre Vermeren, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. « Là, ça prend une ampleur nouvelle parce que c’est dans la capitale, dans beaucoup de villes à la fois, et ça a une dimension nationale, et les objectifs politiques concernent directement la tête de l’État. C’est ça qui est nouveau ».

Ce mardi, par exemple, des centaines d’étudiants ont protesté sur les campus d’Algérie et des enseignants ont appelé leurs collègues à se joindre aux étudiants. À Alger, Redouane, 21 ans, inscrit en deuxième année de physique, prône un « changement radical. Bouteflika, son frère Saïd, et toute sa clique doivent partir ».

Pour l’instant, le pouvoir est inflexible. Il a implicitement écarté lundi l’hypothèse d’un renoncement d’Abdelaziz Bouteflika en affirmant que les « urnes trancheront ». Le dirigeant du FLN, Moad Bouchareb, qui a minimisé l’importance des manifestations de ces derniers jours, a prévenu : « A ceux qui rêvent d’un changement, je dis : Faites de beaux rêves ».

Quelles candidatures retenues ?

Le 10 mars aura lieu l’examen des candidatures. « Il pourrait se jouer quelque chose autour de l’examen des candidatures. Une stratégie alternative, mais qui n’empêcherait pas Bouteflika de se présenter, ce serait de laisser concourir d’autres candidats », anticipe Pierre Vermeren.

Lesquelles seront retenues ? Plusieurs postulants se sont déjà déclarés.

En janvier, Ali Ghediri, un général de 64 ans, avait annoncé qu’il serait candidat. L’homme jouit d’une réputation d’intégrité. « Durant ma carrière militaire, écrit-il dans sa déclaration de candidature, j’ai vécu de mon salaire comme unique source de revenus, et présentement, je vis de ma seule pension de retraite ».

Ghani Madhi, Tahar Missoum et Rachid Nekkaz sont aussi candidats. Ces trois postulants et Ali Ghediri doivent se rencontrer, ce mardi, à Oran, pour évoquer la possibilité d’une candidature unique.

Une autre réunion de l’opposition est annoncée dans les prochains jours. Elle pourrait avoir lieu au siège du parti El Adala (le Front pour la justice et le développement), le jeudi 28 février.

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