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Chronique

La petite revanche de Calixthe Beyala

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La petite revanche de Calixthe Beyala

Elle aura été courageuse, voire audacieuse, folle selon ses détracteurs, de formuler son souhait de remplacer le secrétaire général de l’OIF, Abdou Diouf. Des ambitions qui avaient déclenché en 2010 une polémique autour de la succession de l’ancien chef de l’Etat sénégalais à la tête de l’institution culturelle. Bien des années après, voilà qu’une femme a été promue pour prendre les rênes de l’organisation internationale de la francophonie (OIF), avec l’élection hier de la Canadienne Michaëlle Jean au poste de secrétaire général.

Une nouvelle qui devrait réjouir les femmes, les féministes et défenseurs du «deuxième sexe», nombreux alors à dénoncer l’absence de soutien à la candidature de Calixthe Beyala, une femme africaine. Mis à part les ambitions assimilées à une prétention de l’écrivaine camerounaise auteure de plusieurs ouvrages, on pourrait penser que sa démarche solitaire était simplement destinée à bousculer les anciennes pratiques, et pourquoi pas, mettre la francophonie en mal avec les femmes qu’il fallait promouvoir à tout prix au sommet de Dakar de novembre 2014.

«Les femmes «francophones», africaines, conscientes et engagées doivent comprendre que cette organisation, devenue plus politique que culturelle et avec des ambitions incontrôlables (les pays qui n’ont pas le français comme langue officielle ou même comme seconde langue peuvent devenir membre de la Francophonie) ne sera jamais le cadre qui enseignera les vraies valeurs de la femme africaine, de la société matriarcale que nous avions connues», dénonçait dans une tribune, Nene O. Baldé sur un site guinéen, après l’absence de soutien à la candidature de l’écrivaine camerounaise. Un silence doublé d’un mépris à l'endroit de Beyala, en passe d’être aujourd’hui oublié avec l’élection de la Canadienne.

Le mandat de Michaëlle Jean sera-t-il sous le signe de «La francophonie des peuples» théorisée par Calixthe Beyala ? 

«Si la Francophonie va mal, c’est qu’on a voulu en faire un instrument politique (…), quelque chose destinée à une élite», dénonçait l'écrivaine dans un entretien.

Aujourd’hui, avec l’élection d’une femme à la tête de l’institution culturelle, l’écrivaine semble tenir une petite revanche sur ces «macho» qui sans le dire, avaient déclaré sa candidature irrecevable. Une petite victoire dans le combat pour l'égalité.



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