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Démolition de 253 maisons à Gadaye : Le temps des regrets

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Démolition de 253 maisons à Gadaye : Le temps des regrets

A la lisière de la bande des filaos qui protègent le département de Guédiawaye de l’avancée inexorable de l’océan, la «Cité de l’émigré» tient toujours debout. Le passage des bulldozers a épargné Gadaye, laissant à son flanc un vaste un champ de ruines sur lequel des bras opportunistes venant des quatre coins de cette banlieue grappillent ferrailles et briques encore debout.

Il est 8h 29, ce mercredi 18 décembre lorsque des bulldozers, Pick-up remplis de gendarmes aux armes acérées, pointent à la cité Gadaye. Depuis des semaines, les allers et retours quotidiens des véhicules de la direction des Eaux et Forêts avaient interrompu la quiétude des maçons. Cela faisait un an qu’ils s’activaient à construire des dizaines de maisons dont au moins une quinzaine avait pris forme sur des parcelles de terrains vendus à 3 millions de F Cfa l’unité. Une somme dérisoire aux yeux des riverains qui ont acquis leurs terrains en toute légalité distants seulement de quelques mètres pour un ticket d’entrée d’au moins dix millions de F Cfa. 

Le ballet des vendeurs bradant des terrains et disparaissant à la vue de la police suffisait pour confirmer les soupçons de l’illégalité qui entourait ce business. Mais les acheteurs ont cédé à l’opportunité de réaliser une plus-value non négligeable avec le futur prolongement de la Vdn devant la cité : des maisons et une boutique sont construites sur ce qui faisait office de terrain de football de la cité. 

Pourtant, ce vaste terrain est légalement inconstructible, car situé dans la zone protégée des filaos. Il appartiendrait au promoteur de Gadaye qui avait pris le soin de délimiter la cité en fonction du droit foncier. Alors que d’autres promoteurs véreux, soutenant que ces terres appartenaient à leurs ancêtres, se sont approprié une zone protégée, en la divisant et la vendant sans aucune autre considération. 

Ils ont pris le risque au même titre que les acheteurs en pensant que le temps ferait leur affaire et qu’une fois les maisons bâties, l’Etat se plierait. Seulement ce dernier, par l’action des éléments du Descos, a fait parler la loi. Certes, la réponse a tardé. Des centaines de millions sont devenus poussière et simples amas de béton. Un véritable gâchis, des drames humains qui se mesurent aux économies d’une vie, de la sueur coulée du front pour en arriver là. 

A l’image de ce quidam, qui avait acquis une douzaine de parcelles. Dans la même veine, un propriétaire de maison, presqu’achevée et qui allait y installer sa famille dans quelques semaines, est inconsolable. Vitupérant devant le désastre, il finira par s’évanouir. Exsangue. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, ce terrain, aux allures d’un quartier bombardé, est pillé depuis mercredi de ce qu’il recèle de monnayable par des grappes d’opportunistes. Une aubaine à l’approche d’un magal que beaucoup souhaiteraient rallier même avec l’argent de la débrouille. 

Par ailleurs, quatre responsables présumés de cette pression foncière croupissent derrière les barreaux. D’autres promoteurs en fuite sont toujours recherchés par l’Etat qui a laissé la situation pourrir avant d’agir avec toute la mesure nécessaire. En attendant, il doit nettoyer les stigmates laissés par l’empreinte passée : cupidité et crédulité.



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