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Faut-il avoir peur des turbulences en avion ?

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Faut-il avoir peur des turbulences en avion ?

Doit-on paniquer ?

Évidemment, non… « Dans l’histoire de l’aviation, aucun crash n’a eu lieu à cause d’une turbulence », rappelle d’emblée Nicolas Coccolo, pilote sur des avions privés, formateur pour le site internet peurdelavion.fr (1), et ex-pilote militaire. Ça, c’est pour le discours rationnel chiffres à l’appui.

Mais concrètement, comment l’expliquer ? « Il faut imaginer que l’air, c’est un fluide, exactement comme l’eau, dit-il. Ce n’est pas le vide, il y a toujours une masse « solide » en permanence. Parfois, l’eau est calme, mais parfois, l’eau est agitée… Et les turbulences, il faut donc voir cela comme des vagues plus ou moins importantes. Et c’est pour ça d’ailleurs que les « trous d’air », expression que l’on emploie fréquemment, n’existent pas. Comme il n’y a pas de « trou d’eau » dans l’océan… »

(Photo : Reuters)

Et pourquoi cet « océan » d’air s’agite ? « Une turbulence, c’est par exemple lié à des jet-streams, ces vents à haute altitude. C’est lié à des différences de masses d’air, des chaudes, des froides. » Et d’ajouter : « Vous êtes dans le ciel bleu, vous ne vous en rendez pas compte, mais l’air bouge énormément, avec des vents qui vont à 300, 400, 500 km/h, et ne sont pas visuellement repérables. Et on le ressent plus quand un avion est petit… Encore une fois, tout s’explique : vous prenez une vague sur une barque et vous bougerez. Vous prenez la même vague avec un paquebot, vous ne sentirez rien… »

Les nuages, aussi, peuvent « secouer » très légèrement les avions. Mais là encore, rien de grave. « Ils créent des turbulences dans les basses couches de l’atmosphère, au décollage où à l’atterrissage. En général, ce ne sont pas les plus importantes, et en plus, on les franchit assez rapidement, surtout au décollage », souligne Nicolas Coccolo.

Vous souhaitiez une dernière démonstration « par l’image » du caractère sans-danger d’une turbulence ? « Prenez une petite bouteille d’eau de 50 cl, indique Nicolas Coccolo. Videz-la à moitié et secouez-la. Vous vous apercevrez que l’eau bouge énormément, mais que la bouteille, elle, ne bouge que très peu. Et une turbulence, c’est exactement pareil. Cela ne crée aucun dommage à la structure de l’avion, c’est juste inconfortable pour vous, à l’intérieur de celui-ci. Il faut simplement s’imaginer rouler sur une route pavée. Le problème est juste intensifié parce qu’on roule à 900 km/h… »

Pourquoi y a-t-il des turbulences inattendues ?

« D’abord, précisons qu’il y a très peu de turbulences soudaines et inattendues. 95 % des turbulences, elles, sont anticipées. Cela arrive un peu plus souvent sur des long-courriers, mais les services météo les prévoient généralement très bien… »

(Photo : AFP)

Il n’empêche : en mai 2016, le vol de la compagnie Etihad Airways a ainsi été confronté à des « turbulences inattendues », selon le communiqué de la compagnie. À l’heure où les avions regorgent d’outils technologiques, comment l’expliquer ? « Parfois, les masses d’air se déplacent plus ou moins rapidement. Sur les vols long-courriers, on aura avant le vol des prévisions assez précises sur les masses d’air, puis leur évolution sur 24 heures. Mais dans certaines zones, la masse d’air s’est déplacée plus vite que ce qui était estimé, parfois plus lentement, et c’est pourquoi certaines turbulences arrivent alors qu’elles n’étaient pas prévues sur notre route. »

De plus, en vol, les pilotes peuvent certes observer les masses de nuages, « mais les masses d’air, elles, concrètement, on ne les voit pas ».

À plus 9 000 mètres d’altitude, les pilotes ont toutefois deux options pour connaître des actualisations de masses d’air. « On a d’abord un système de fax à bord, qui peut nous alerter sur une évolution. Et les avions peuvent aussi communiquer entre eux, surtout sur des vols long-courriers. Ainsi, si un avion reçoit des turbulences inattendues, son pilote va laisser un message radio sur la fréquence d’écoute pour prévenir les autres avions situés dix ou quinze minutes derrière. »

Ceci explique, du coup, pourquoi un commandant de bord pourra allumer le signal « attachez vos ceintures » mais qu’ensuite, en fonction, il ne se passera rien. « Parfois la turbulence est prévue via la radio, mais la masse d’air s’est déplacée trop vite… »

Que faire en cas de turbulences ?

Premier concerné, le pilote, lui, ne fera « rien de spécial », indique Nicolas Coccolo. Son avion est conçu pour voler, pour résister à ces « vagues », alors pas question de changer sa façon de piloter. L’idée, en réalité, est plutôt d’offrir un vol le plus confortable possible pour les passagers.

« Il peut donc essayer de changer de niveau de vol (la hauteur de l’appareil) pour passer au-dessus, en dessous, voire tenter de contourner une turbulence, même si c’est parfois plus dur, car ces zones de vents forts font plusieurs centaines voire des milliers de kilomètres. » Pour une zone de turbulences de seulement quelques minutes, Nicolas Coccolo l’admet aussi : « On ne va pas changer tout le plan de vol. On a aussi des contraintes économiques, il faut que les passagers arrivent à l’heure… » Et de surcroît, l’appareil ne dispose pas d’un réservoir illimité…

(Photo : AFP)

Quid des passagers ? « Je leur conseille, à part pour aller aux toilettes ou autre chose, de rester attachés. Pas la ceinture collée à l’abdomen à ne plus pouvoir respirer, mais la ceinture attachée quand même. Avec ça, il ne vous arrivera absolument rien. » D’ailleurs, aujourd’hui, les compagnies ne s’y trompent pas : avant chaque décollage, consigne est en effet donnée de garder sa ceinture attachée même lorsque le signal est éteint… Pour le cas du vol d’Etihad, il est vraisemblable que les personnes blessées n’étaient pas attachées…

Où y a-t-il les turbulences les plus fortes ?

Sans grande surprise, au vu de l’événement de la semaine dernière, les turbulences les plus fortes dans le monde se rencontrent « en Asie du Sud-Est, estime Nicolas Coccolo. Il y a parfois beaucoup de vent, et les périodes de la mousson créent beaucoup d’instabilité… En Europe, de très fortes turbulences sont très très rares. »

Il existe bien quelques aéroports plus « sensibles ». « Ceux situés dans des cuvettes, ou ceux avec une configuration spécifique. Par exemple à Marseille, devant la piste, il y a une petite montagne. Quand vous arrivez en approche de la piste et qu’il y a du mistral, le vent tape sur la montagne et remonte. D’un coup, ça « tabasse » un peu car le vent monte vite et l’avion le ressent… »

Pour autant, pas de quoi s’inquiéter non plus. « Vous aurez l’impression que vous bougerez de plusieurs mètres, mais dites-vous que les plus grosses turbulences dans le monde, ça représente une dizaine de centimètres tout au plus… »


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5 Commentaires

  1. Auteur

    Anonyme

    En Mars, 2017 (19:53 PM)
    Thanks,
  2. Auteur

    Anonyme

    En Mars, 2017 (20:38 PM)
    Interessant.
    Auteur

    Anonyme

    En Mars, 2017 (21:05 PM)
    Ahhhhh je me sens bcp mieux
    Auteur

    Anonyme

    En Mars, 2017 (00:45 AM)
    les partisans de la rhétorique anti- française ne devraient pas lire cet article.Ils perdent leur temps , la France restera une grande nation et une nation généreuse.
    Auteur

    Anonymedalez

    En Mars, 2017 (10:01 AM)
    ça rassure. J'avais des peurs bleues dans les zones de turbulences

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