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Habillement et téléphone : Quand les élèves deviennent des victimes de la mode

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Habillement et téléphone : Quand les élèves deviennent des victimes de la mode

Si rentrée des classes rime avec achat de fournitures scolaires, retrouvailles et études, depuis quelques années, la remarque est tout autre. L’ouverture des classes est devenue une occasion, pour les adolescents, de renouveler leur garde-robe. Il faut s’habiller « fashion », être à la mode, avoir un style tendance et resté connecté aux réseaux sociaux avec son téléphone dernier cri.
Réalisé par Amy DIENG (stagiaire)
Pour certains élèves, la rentrée des classes signifie le début des études, pour d’autres, c’est le moment découvrir les nouvelles tendances entre branchés, après trois mois de vacances. Ce moment marque les retrouvailles entre anciens camarades, mais aussi le renouvellement de la garde-robe pour garçons et filles. Un tour dans certains établissements de Dakar permet de s’en convaincre. 
Il est 10h au lycée Blaise Diagne. Les élèves sont peu nombreux en cette période de la rentrée, certains d’entre eux rencontrés dans la cour de l’école sont constitués en groupe pour parler des souvenirs de vacances tout en prenant une tasse de café. Chacun d’entre eux est bien habillé et ce, à la dernière mode. Jean déchiré, bas, t-shirt, petit top, mini-jupe, sont les tenues les plus prisées par les élèves de cet établissement.

TELEPHONES PORTABLES DERNIER CRI
Cependant, il n’y a pas que les vêtements que ces derniers exhibent. La connexion aux réseaux sociaux est incorporée dans les habitudes des élèves. Avec tablettes, Iphone, Galaxy, ou autres marques de téléphones portables dernier cri dans les mains, chacun élève se pavane comme il peut. « Sans ces accessoires, on peut se sentir marginalisé », dit Papa Amadou Touré, élève en classe de 2nd L. 
« Vous savez, ajoute-t-il, les gadgets, tels que les ordinateurs, les téléphones portables, font  aussi partie de la mode. Il  faut savoir les porter si tu ne veux pas être marginalisé par les autres ». Du côté des filles, il faut s’exercer aux petites confessions pour démarrer la journée. L’on se raconte des histoires, en particulier les excursions et autres voyages effectués pendant les vacances. Il en est de même des déceptions et autres petits bonheurs procurés par les petits copains durant les soirées, les sorties à la plage, etc. Le tout dans une ambiance joviale et très détendue.
Seulement, si la matière grise constitue l’élément le plus important dans la vie d’un élève, elle semble être concurrencée actuellement par la mode dans la cour de  l’école. Il y a quelques  années, il fallait avoir un bon  niveau d’études, être  ponctuel et vouer un grand respect au corps enseignant pour être distingué. Maintenant, le constat est tout autre. Car dans les cours des écoles, il faut s’adapter à la mode, avoir du style pour se faire remarquer au sein des groupes d’amis. Et le niveau suivra peut être après. Aller à l’école est devenu un effet de mode.  Cet effet est soutenu par l’absence de port de tenue dans certains établissements de la place. Même s’il est obligatoire dans d’autres, il est loin d’être appliqué. Ce qui encourage les jeunes à se vêtir au choix. Et la plupart du temps, ce sont des tenues vulgaires et très sexy.

TENDANCE « SLIM » OU « PINW »
 Les garçons ne sont pas en reste avec la nouvelle tendance communément appelé  « slim » ou « pinw ».  Des tenues extravagantes qui correspondent mieux aux jeunes filles.
La mode est devenue vulgaire, mais il n’est pas question pour ces jeunes de ne  pas la suivre. « C’est une  question de réputation », estime  cette adolescente de 16 ans, élève au lycée Blaise Diagne, ajoutant que « la mode c’est une question de temps et on s’amuse avec. Vous savez, quand on est jeune, on peut se permettre de porter des choses qui nous vont bien, même en allant à l’école. On ne doit pas en faire un problème, c’est juste la mode  ». Si être jeune  permet de porter tout ce qu’on veut à l’école, quelle est la responsabilité des autorités administratives face à  cette situation ? 
Selon le directeur des études du lycée Maurice Delafosse, Ibrahima Djité, la mode est certes un phénomène universel, car on la retrouve partout où l’on va, même dans les écoles. Mais au lycée Delafosse, des dispositifs ont été pris en ce qui concerne le style vestimentaire des élèves en leur imposant des uniformes pour atténuer les inégalités et favoriser ainsi une belle ambiance au sein de l’école. Toutefois, dans cette école, on ne concentre pas seulement sur le style vestimentaire. Il y a aussi l’utilisation des téléphones portables et de l’Internet. 
Pour cela, la direction du lycée a pris aussi les devants en interdisant l’usage des téléphones portables en classe. Et pour dissuader les élèves à utiliser cet outil en classe, une salle informatique a été ouverte pour eux. La mode n’est pas uniquement la seule préoccupation des directeurs d’établissements scolaires. Pour les parents d’élèves aussi, elle reste un problème récurrent. Selon ces derniers, c’est l’effet de la mode qui pousse leurs enfants à s’habiller d’une certaine manière à l’école.

STYLE « MUSICIEN » A L’ECOLE
« Et si les parents d’élèves pouvaient le contrôler, ce phénomène n’allait pas prendre une si grande ampleur », confie Matar Ndiaye, un père de famille de deux enfants. Il nous signale qu’il ne voit pratiquement ses enfants que le week-end  durant  l’année scolaire, à cause de son travail et de son emploi du temps chargé. Mais de l’avis de  M. Diop, enseignant et père de famille, le travail n’est pas une excuse. Il pense que tout se fait à la base et qu’un parent doit prendre la peine de contrôler son enfant avant qu’il ne sorte de la maison. Même si ce phénomène touche la plupart des jeunes élèves, des exceptions dérogent à la règle.
 Elève en classe de Terminale au lycée Delafosse, Idrissa Diop nous fait part de sa position.  Pour lui, être jeune n’est pas synonyme d’inconscience, et « il y a certaines façons de faire des jeunes qui relèvent  de l’inconscience et d’un manque de savoir-être ». Il ajoute : « Etre à la  mode, c’est d’abord une culture, mais aussi un savoir-être  et de la  responsabilité  dans la démarche. Même dans la façon de s’habiller. C’est important », dit-il. 
Pour lui, « il y a une façon de s’habiller pour venir à l’école. Toutefois, on ne peut pas et on ne doit pas emprunter le style de certains musiciens à l’école. C’est incorrect, car la tenue de soirées n’est pas la même que celle qu’on amène à l’école. Les milieux ne sont pas les mêmes ». Il poursuit : « Si on prend l’exemple des stars, quand ils sortent à la télévision, ils ont besoin d’attirer l’attention, mais tel n’est pas le cas chez l’élève qui a besoin d’attention, de concentration et de discipline pour bien suivre en classe ». Même si la remarque de Idrissa Diop est pertinente, elle n’est pas partagée par tous ces camarades. Abou Ngom, élève en classe de Terminale, soutient le contraire. Pour lui, être jeune, c’est être à la mode. 

HADIYA TANDIAN, SOCIOLOGUE : « D’autres milieux, de manière indirecte, viennent interférerdans le fonctionnement correct de l’école »
L’école, une des entités de la société, subit souvent les influences de son environnement. C’est le cas de la mode que les élèves rapportent dans les cours de l’école, contribuant, selon le sociologue Hadiya Tandian, à la perturbation du fonctionnement du milieu scolaire.
En tant que sociologue, quel est votre opinion sur le phénomène de la mode à l’école ?
Tout d’abord, ce sont deux concepts qui appartiennent  tous deux à la même entité,  c’est à dire la société. La mode est sociétale et l’école est une institution sociale. Donc, comment ces deux phénomènes peuvent se rapporter ? Est-ce que c’est la mode qui attire l’école ou est-ce que c’est l’école qui retrouve la mode ?
La mode, c’est un phénomène social, parce que quand on en parle, il faut avoir un esprit ouvert sur tout ce qui est en vogue : le langage, la monnaie, l’habillement, l’alimentation, etc. Car, une société qui vit crée des produits de consommations, des produits de première nécessité. Bref, ce dont elle a besoin pour vivre, subsister et évoluer. Alors, la mode concerne tous les produits sociaux qui sont en vogue. Et si quelqu’un ne l’a pas, on le considère comme en retard par rapport à la marche de la société. Donc, si on considère la mode dans son phénomène global, c’est est un phénomène de société auquel s’intéressent tous les membres d’une société qui essayent de conserver un certain standing social, un prestige et une envergure. Maintenant, l’école étant une institution de la société, qui a pour mission de former les citoyens, n’est pas une entité abstraite. Elle est concrète et subit des interférences, des actions provenant de la société, mais également elle peut prévenir les actions sociales. Il y a un phénomène d’interaction entre une école et sa société.
 
Que pensez-vous de cette cohabitation entre la mode et l’école,  sont-elles en conflit ou s’adaptent-elles l’une à l’autre ?
Précisons d’abord dans ce que nous appelons mode quel est l’aspect que nous retenons. Est-ce que le vestimentaire, le numérique portable Sms et autres, les productions culturelles ? La mode chez nous les sociologues, c’est tout ce que la société met en valeur et qui est en vogue. Cela part de l’habillement jusqu’au  langage.  Le fait, pour les filles, de porter des pantalons est un des phénomènes de la mode. Donc, la mode a des compartiments.

Aller à l’école est devenu une affaire de mode, alors que cela devait être une orientation vers les études…
Vous savez, l’école est composée de beaucoup de parties. Mais cette école aussi est dans un  environnement avec lequel elle entretient des relations ; selon qu’il soit urbain ou rural, paysan ou de quartier pauvre. Mais il y a d’autres personnes qui peuvent fréquenter l’environnement de l’école sans trop interférer dans la gestion, c’est à dire les vendeurs s’il y a des infrastructures  de commerce, de santé et autres d’autres types de personnes peuvent la fréquenter sans être intéressés par la vie de l’école. Mais l’école  peut subir des interférences s’il y a des infrastructures qui se trouvent à ses côtés. Par exemple,  un dancing, un cinéma, un stade ou marché. L’école n’est pas une entité isolée, elle est toujours insérée dans une dynamique sociale.  C’est pour cela que  le personnel qui le fréquente, surtout celui apprenant y va pour un temps précis avec des objectifs pédagogiques. Mais une fois que ce personnel termine son programme journalier, il retourne dans la société où il va s’imprégner, retourner dans l’atmosphère, dans le bain social qui n’a rien à voir avec l’école. Ces populations sont en contact avec des faits qui peuvent se contredire avec l’école, et il arrive souvent qu’elles transposent, dans l’école, des objets auxquels ils étaient en contact dans la société qui n’étaient pas destinés à évoluer dans l’enceinte de l’école. C’est le phénomène des tops modèles et leur façon de s’habiller, celui des stars, de la musique ou bien même les produits du numérique (les portables, tablettes, ordinateurs, etc.) qui vous met en contact avec d’autres environnements, tout en restant dans l’enceinte de l’école. Maintenant, quand vous vous habillez comme une star, vous êtes en train de brandir une autre personnalité différente de la personnalité que l’école exige. L’élève quitte sa maison avec ces influences de la  société et a une certaine prétention pour ses idoles, que ce soit un chanteur, un rappeur ou un lutteur. Ces deux personnalités sont comprimées dans sa personne et font qu’il n’est pas homogène, n’est pas équilibré, parce qu’il est tiraillé. C’est un défi encore très difficile à relever dans certaines écoles. Mais il reste encore cette influence qui est beaucoup plus rapide qu’est le clic numérique, c'est-à-dire les Tic qui sont des outils auxquels les élèves ont accès aujourd’hui. Tout cela ouvre leur espace, le dénature et fait que d’autres références, d’autres milieux, de manière indirecte, viennent interférer dans le fonctionnement correct de l’école.

 Propos recueillis par A. DIENG (stagiaire


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6 Commentaires

  1. Auteur

    Sol Art

    En Novembre, 2014 (16:00 PM)
    Victime de la mode

    Tel est ton nom de code



    Maître de l'a-mode

    Tel est mon nom de code
    • Auteur

      Prince Yousef

      En Novembre, 2014 (17:58 PM)
      je porte des habillements pinw et slim
      je suis jeune garçon ne musulman mais je ne le suis plus
      parce que je sais que dieu n existe pas ni prophète ni rien
      je bois acool et je baisse les filles en même temp ,
      je suis devenu un jeune atte je ne crois ni rien
  2. Auteur

    Purification

    En Novembre, 2014 (16:50 PM)
    Je réponds de suite. Un titre harceleur, une prose de 50 lignes ça ça sent le nègre intello-journaleux- anthropologue qui est content de son sujet du samedi soir vu qu'il a branlé toute la semaine et je me dis il va nous apprendre beaucoup à part nous filer la migraine pour le comprendre. Moi je suis un négre, je tire d'abord et après je vais voir.

    Et comme toujours si j'y m"ai trompé j'y vais à la mecque sur lis genoux.

    • Auteur

      Purification

      En Novembre, 2014 (17:00 PM)
      c'est bien ce que j'ai dit, amy dieng, stagiaire ( ya pas de honte à être stagiaire) tu ne nous apprends rien.
      mais c'est simple pourtant seneweb c'est
      ou 3 lignes recopiées de l'afp sans aucun développement, ni commentaire.
      ou 3 pages du stagiaire, ou mieux de notre spécialiste boites de nuits et prostituées de dakar,
      et dans tous les cas tu n'apprends rien.
      dans le second, si, et je l'ai dit, le mal de tête.
      senweb c'est bon juste pour les commentaires et ça fait dix ans que je m'en délectes.
      je ferai bien un livre mais les histoires de la (petite) réflexion du nègre sénégalais ça n'intéresse malheureusement, vraiment personne.
    • Auteur

      Confirmation

      En Novembre, 2014 (18:14 PM)
      salut cher ami.
      le titre n est guere harceleur. c est une bien triste realité qui confirme les previsions de grands economistes
      je me souviens lors d un seminaire en 2012 aux usa lorsqu un des animateurs nous disait avec conviction des "4 c" comme domaines où il faut investir sans lire dans les 10 prochaines annees
      - chicken : la restauration rapide sera plus convoitée. la population du monde va augmenter et les gens auront besoin de manger forcement mais sans vouloir perdre du temps trop precieux ds une sociteté capitabiliste
      - cloth / cars / cell phone: pour ameliorer leur condition, les gens de la basse et moyenne classe voudront soigner leur apparence pour forcer le respect et merité une certaine consideration. ceci en s habillant à la mode, en ayant des telephones de dernieres generation et en conduisant de belles voitures

      regardes juste autour de toi pour compre dre combien c est vrai
    Auteur

    Thiessois

    En Novembre, 2014 (16:51 PM)
    Pour alléger les parents et faire retourner l´ordre et la discipline: La tenue uniforme, comme chez les anglophones. Je suis pour!
    Auteur

    Livet

    En Novembre, 2014 (19:18 PM)
    Une bonne analyse de l'évolution de nos valeurs. Malheureusement, elles vont dans le mauvais sens: le superficiel et le paraitre sont de mise. Dommage!

    Auteur

    Titen

    En Novembre, 2014 (22:21 PM)
    bof !! la mode toujour fait partie de l'ecole que je sache .. rien de nouveau , meme a l'ecole elementaire les petits veulent des nike jordan ... etre a la mode , vouloir s'habiller comme ses camarades n'arien de mal et n'empeche pas d'etudier correctement au contraire .

    raison pour la quelle je conseil au parents d'inscrire leurs enfants dans les ecoles equivaux a leur classe sociale . si on ne peu pas se permettre certains rithmes de vie mieux changer d'ecole si on veut que son enfant soit stable . vous ne pouvez pas inscrire votre enfant a jeanne d'arc , ecole bilingue , CEMAD , ...etc et pretendre qu'il y aille en thiarakh ... il risquerait juste d'etre marginaliser par les eleves qui comptent dans la cour . Malheureusement se probleme a toujour exister et dans tous les pays du monde .
    Auteur

    Rima

    En Novembre, 2014 (17:42 PM)
    vraiment A DIENG tu m'a tué je suis essouflée a force de vouloir te lire! et dire que tu n'es qu'un stagiaire?

    je craint le jour que tu seras journaliste. tu ne nous apprend rien

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